Le recul des ventes de Gucci s'accentue au T3, pesant sur les espoirs de relance
par Tassilo Hummel, Alessandro Parodi et ELENA SMIRNOVA
PARIS, 21 octobre (Reuters) - Le groupe de luxe français PRTP.PA a annoncé jeudi une baisse conforme aux attentes de 6% des ventes au troisième trimestre de sa marque phare Gucci, qui ont été pénalisées par la faiblesse de la demande en Chine, tempérant les espoirs d'un redressement rapide du groupe.
Les ventes de Gucci, qui représentent environ la moitié du résultat opérationnel du groupe, se sont établies à 1,29 milliard d'euros au cours du trimestre. Sur l'ensemble du groupe, le chiffre d'affaires a reculé de 1% à données comparables.
Interrogée lors d'une conférence téléphonique sur la possibilité d'un retour à la croissance du groupe cette année, la directrice financière Armelle Poulou n'a pas souhaité commenter les perspectives, renvoyant à la publication des résultats annuels.
Les ventes trimestrielles inférieures aux attentes publiées récemment par LVMH et Hermès, ainsi que les signes de ralentissement de la demande aux États-Unis, ont renforcé les inquiétudes des investisseurs quant au redressement de Kering.
Le faible trafic dans les magasins, en particulier en Chine, demeure le principal frein à la performance de Gucci, dont les ventes sont en recul depuis plus de trois ans, a indiqué Kering. Les revenus du réseau de boutiques exploitées en propre ont diminué de 9% au trimestre, tandis que les activités de gros et de licences ont progressé.
Pour attirer davantage de clients dans les magasins Gucci, Kering prévoit d'accroître ses investissements dans le marketing et l'expérience client, a déclaré Armelle Poulou.
"Nous poursuivons l'exécution de notre plan avec la plus grande discipline", a déclaré Armelle Poulou. Elle a ajouté que le groupe avait déjà réduit son réseau de distribution de 105 magasins et anticipait désormais au moins 125 fermetures nettes sur l’exercice 2026.
Dans l'espoir d'enrayer plusieurs années de recul, Kering a confié l'an dernier les rênes du groupe à Luca de Meo, ancien directeur général de Renault. Celui-ci a lancé un plan stratégique sur cinq ans visant à doubler la marge opérationnelle du groupe, dans un contexte marqué notamment par les répercussions économiques des tensions au Moyen-Orient et le ralentissement de la demande en Chine.
Luca de Meo ambitionne de porter la marge opérationnelle de Kering à un niveau deux fois supérieur à celui de 2025 d'ici la fin de la décennie, grâce à des réductions de coûts, à de nouvelles fermetures de magasins et à une rationalisation de la chaîne d'approvisionnement. Des analystes estiment toutefois que les seules mesures d'efficacité ne suffiront pas à relancer durablement des marques qui ont perdu de leur attrait auprès des consommateurs.
Le directeur artistique de Saint Laurent, Anthony Vaccarello, et Sean McGirr, d'Alexander McQueen, ont tous deux quitté leurs fonctions ce mois-ci.
Ces changements devraient accentuer encore la pression sur Demna, qui s'apprête à boucler sa première année complète à la tête de Gucci, qu'il a cherché à relancer en misant sur une esthétique audacieuse et sensuelle rappelant les succès de la marque sous Tom Ford.