France-Marylise Léon (CFDT) attend du gouvernement "un électrochoc" sur le pouvoir d'achat
PARIS, 6 novembre (Reuters) - Le gouvernement doit procéder à une hausse du SMIC et déclencher une dynamique de négociations salariales de nature à provoquer "un électrochoc" en matière de pouvoir d'achat, a déclaré vendredi Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, après l'annonce par Matignon d'une conférence sociale.
Cette réunion des organisations représentatives des salariés et des employeurs autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, organisée lundi prochain, doit permettre "d'apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaires", a précisé Matignon.
La conférence sociale été annoncée jeudi à l'issue d'une quatrième journée de manifestations en moins de quatre semaines en France qui a mobilisé entre 575.000 et 1,6 million de personnes, selon les décomptes du ministère de l'Intérieur et de la CGT.
"Il faut un vrai électrochoc en matière de pouvoir d'achat et permettre véritablement de pouvoir vivre dignement", a déclaré Marylise Léon sur RTL, rappelant que la CFDT demandait 100 euros nets d'augmentation mensuelle du SMIC.
"Ensuite, la balle est dans le camp des employeurs (...), il faut de vraies négociations salariales", a ajouté la dirigeante du premier syndicat du pays, qui a pour sa part fait état de "plus d'un million" de manifestants lors de la journée de mobilisation de jeudi.
Priée de dire si la CFDT lancerait un nouvel appel à la grève, Marylise Léon a déclaré : "Rendez-vous lundi soir, lorsqu'on aura eu, je l'espère, un certain nombre de réponses de la part du Premier ministre."
L'intersyndicale, composée de la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l'Unsa, la FSU et Solidaires, se retrouvera à nouveau lundi à l'issue de la réunion organisée à Matignon et "décidera des suites de la mobilisation", a-t-elle fait savoir dans un communiqué.
"La seule chose qui arrêtera la mobilisation c'est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines (...)".
"LE COUP DE POUCE N'EST PAS ACQUIS À CE STADE"
Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a pour sa part fait état sur TF1 de "lignes de convergence possibles", évoquant une possible hausse du SMIC puis une répercussion de celui-ci dans les branches professionnelles afin d'enclencher "une dynamique" mais "sans affecter l'emploi".
Se disant favorable à une "anticipation" de la hausse du SMIC dès le 1er décembre, il a ajouté que le gouvernement devrait prendre une décision "dans le courant de la semaine prochaine", ajoutant : "Le coup de pouce n'est pas acquis à ce stade, on discute."
Côté patronal, Jean-Pierre Farandou a indiqué que le gouvernement était "prêt à discuter d'un ajustement du coût du travail" s'il constatait "une dynamique salariale dans les entreprises".
En plus des rassemblements organisés à travers le pays, un appel à la grève lancé par les syndicats CFDT, CGT, FO, UNSA et FSU dans le secteur public - mais aussi le privé - a entraîné jeudi des perturbations limitées dans les transports, les hôpitaux, l'enseignement ou encore le secteur énergétique.
Outre des revalorisations salariales, les syndicats demandent davantage de moyens pour les services publics, des revendications qui viennent s'ajouter à celles des lycéens et des étudiants, auxquelles s'agrègent aussi des expressions de colère contre la vie chère émanant de collectifs informels comme les "Gilets jaunes".
Comme lors des deux dernières manifestations - celles des 24 et 31 octobre - et en réaction aux violences qui avaient émaillé la journée du 17 octobre, le gouvernement avait prévu jeudi un important dispositif de sécurité, avec 70.000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire français. Peu d'incidents notables ont été signalés jeudi.