EN DIRECT-France-Nouvelle journée de mobilisation sociale, 70.000 policiers et gendarmes mobilisés

Par Reuters News

- Le gouvernement français est confronté ce jeudi à une quatrième journée de manifestations en moins de quatre semaines, organisée cette fois par une intersyndicale appelant en outre à la grève, un changement d'échelle dont les forces de l'ordre craignent qu'il n'entraîne de nouvelles violences.

En plus des rassemblements prévus à travers la France, l'appel à la grève lancé par les syndicats CFDT, CGT, FO, UNSA et FSU dans le secteur public - mais aussi le privé désormais - devrait entraîner des perturbations dans les transports, les hôpitaux, l'enseignement ou encore le secteur énergétique.

Aux revendications des lycéens et des étudiants, auxquelles se sont agrégées des expressions de colère contre la vie chère émanant de collectifs informels comme les "Gilets jaunes", les syndicats, qui avaient déjà appelé à manifester en septembre, plaident notamment pour des revalorisations salariales et davantage de moyens pour les services publics.

La direction de la SNCF prévoit un trafic "perturbé" sur la plupart des lignes régionales et franciliennes et "légèrement perturbé" pour les TGV. Pour les écoles, le ministère de l'Éducation nationale estime le taux de grévistes à 17,54% dans le premier degré.

Pour la première fois, les syndicats de l'enseignement privé sous contrat appellent à la grève.

Comme lors des deux dernières manifestations - celles des 24 et 31 octobre - et en réaction aux violences qui avaient émaillé la journée du 17 octobre, le gouvernement a prévu un important dispositif de sécurité, avec 70.000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire français.

Seront aussi déployés des blindés Centaure de la gendarmerie, une quinzaine d'engins lanceurs d'eau, des hélicoptères, des drones des équipes cynophiles ainsi que des équipes de la BRI, du RAID et du GIGN.

Le parcours parisien proposé par l'intersyndicale - allant de la place de la Bastille à celle de la Concorde - a été interdit mercredi par la préfecture de police de Paris, qui a proposé à la place une manifestation allant de la place de la République à la place de la Nation entre 14h00 et 19h00.

Lors des journées de mobilisation des 17, 24 et 31 octobre, le ministère de l'Intérieur avait comptabilisé respectivement 550.000, 410.000 et 320.000 manifestants à travers le pays. Selon les syndicats, les ordres de grandeur étaient de 800.000 pour les deux premières journées et de 500.000 samedi dernier.

Hors région parisienne, les services de renseignement attendent jusqu'à 700.000 manifestants ce jeudi.


PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS:


08h30 - Marylise Léon dit sur BFMTV/RMC s'attendre à un mouvement de mobilisation "très suivi".

"Au moins une mobilisation à hauteur de 800.000 personnes, ça sera une belle satisfaction", dit la secrétaire générale de la CFDT.

"On a des capteurs dans les entreprises, dans différents secteurs d'activité qui nous disent 'on a envie de s'exprimer, on a envie de dire qu'on veut vivre dignement de notre travail' (...) c'est le message qui sera adressé aujourd'hui à l'État et ça sera aussi le message adressé aux employeurs", ajoute-t-elle, évoquant des "salaires insuffisants dans bon nombre de secteurs", des "dépenses contraintes (qui) augmentent" et "la problématique des services publics et la défense des services publics".

"Ce soir, la balle est dans le camp du gouvernement", dit Marylise Léon, qui exige des "réponses concrètes", notamment sur une augmentation du Smic et "une véritable volonté d'impulser des négociations dans les branches".


08h25 - Sophie Binet appelle les Français à manifester en nombre et à ne pas céder à la "stratégie de la peur" développée, selon elle, par le gouvernement avec le déploiement d'un imposant dispositif policier.

"Les manifestations vont très bien se passer aujourd'hui. Il faut venir !", lance la secrétaire générale de la CGT sur LCI en dénonçant les "mesures liberticides" mises en place par le gouvernement depuis les violences du 17 octobre.

"La répression ne lui a pas permis d'arrêter la mobilisation. Au contraire, elle l'a fait progresser", dit Sophie Binet.

"Ce n'est pas par une réponse sécuritaire qu'on va mettre fin aux manifestations, c'est en répondant aux revendications."


08h22 - La production d'électricité en France est réduite de 2,4 gigawatts (GW) en raison de la grève, montrent les données d'EDF.

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