POINT MARCHÉS-Wall Street vue sans direction, le CAC 40 pâtit de l'incertitude budgétaire

Par Reuters News

par Coralie Lamarque

- Wall Street est attendue prudente lundi et les Bourses européennes sont dans le vert à mi-séance, à l'exception de la France où les craintes budgétaires pénalisent l'obligataire et l'euro.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,11% pour le Dow Jones .DJI, en hausse de 0,02% pour le Standard & Poor's-500 .SPX et en baisse de 0,01% pour le Nasdaq .IXIC.

À Paris, le CAC 40 .FCHI perd 0,64% à 7.846,45 points vers 11h27 GMT. À Francfort, le Dax .GDAXI avance de 0,27% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE prend 0,53%.

L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E progresse de 0,03%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 de 0,48% et le Stoxx 600 .STOXX de 0,46%.

Les marchés français sont à la peine en raison de l'incertitude qui plane sur l'adoption du projet de budget 2027 présenté la semaine dernière par le gouvernement, ce qui contribue au grand écart entre les rendements français et allemands.

L'agence de notation financière Moody's a posé vendredi un diagnostic pessimiste sur la situation politique et économique de la France, estimant qu'il est loin d'être certain qu'un compromis puisse être trouvé au Parlement sur le projet de loi de finances, qui prévoit 43 milliards d'euros d'économies.

"La composition du CAC 40 et l’activité internationale de ses entreprises peut expliquer une partie des différences avec les autres indices. Mais les tensions budgétaires françaises ajoutent un facteur de fragilité, les investisseurs s’interrogeant sur les conséquences du redressement des comptes publics pour les bénéfices futurs", a écrit Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés pour etoro, dans une note.

Les investisseurs intègrent également dans leurs prévisions les données finales des directeurs d'achat (PMI) européens publiés dans la matinée, la croissance de l'activité du secteur privé de la zone euro ressortant en septembre à son plus haut niveau depuis trois ans et demi.

Les anticipations d'une nouvelle hausse des taux par la Banque centrale européenne (BCE) restent minoritaires, notamment après que les données préliminaires de l'inflation en zone euro ont démontré l'absence d'effets sous-jacents de la flambée des prix de l'énergie.

Selon les données LSEG, les marchés misent lundi à 79% sur la probabilité d'un maintien à l'issue de la prochaine réunion de la BCE, fin octobre.

De l'autre côté de l'Atlantique, le rapport sur l'emploi aux États-Unis a fait état vendredi dernier d'une chute bien plus importante que prévu de la création d'emplois, ce qui permet aux marchés de renforcer leurs paris (81%) sur un statu quo de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed).


LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET



VALEURS EN EUROPE

Lanterne rouge du CAC 40, Schneider Electric SCHN.PA décroche de 9,8% après avoir annoncé l'acquisition complète du capital du spécialiste des logiciels industriels américain PTC PTC.O sur la base d'une valorisation à 22,6 milliards de dollars (20,2 milliards d'euros).

Hermès HRMS.PA perd 2,3% après que Goldman Sachs a entamé le suivi avec une recommandation à "vendre".

Les banques françaises Société générale SOGN.PA, BNP Paribas BNPP.PA et Crédit agricole CAGR.PA abandonnent entre 0,5% et 0,8%, pénalisées par les craintes sur les finances publiques.

Ailleurs en Europe, Intesa Sanpaolo ISP.MI a remporté une victoire majeure dans sa tentative de rachat de Monte dei Paschi di Siena (MPS) BMPS.MI en obtenant le soutien du principal actionnaire de la banque cible pour une offre publique d'achat améliorée, entraînant un recul de 4,6% de la rivale Mediobanca MDBI.MI.




TAUX

Alors que le marché obligataire tente une timide désescalade, la vigilance reste accrue en France sur fond de craintes budgétaires.

Le "spread", ou écart de rendement, entre les obligations allemandes et françaises à dix ans s'établit à 141 points de base (pdb), après avoir franchi le seuil de 150 pdb vendredi pour la première fois depuis fin 2011.

En France, le rendement de l'OAT à dix ans grappille 0,3 point de base à 4,8685%, tandis que le deux ans lâche 2,7 points de base à 3,6914%.

Outre-Rhin, le rendement du Bund allemand à dix ans grignote 0,2 point de base à 3,4564%, alors que le deux ans perd 3,7 points de base à 3,0125%.

Outre-Atlantique, le rendement des Treasuries à dix ans cède 0,2 point de base à 5,2750%, pendant que le deux ans recule de 1,5 point de base à 4,8101%.



CHANGES

La monnaie unique européenne pâtit de l'incertitude budgétaire française, après avoir déjà enregistré quatre semaines consécutives de baisse, faisant craindre une contagion dans le reste du bloc monétaire face aux tensions sur le marché obligataire.

Le dollar gagne 0,28% face à un panier de devises de référence .DXY, tandis que l'euro perd 0,49% à 1,1198 dollar .



PÉTROLE

Les cours pétroliers évoluent en ordre dispersé, dans un contexte de forte volatilité en dépit de la hausse des exportations depuis le Moyen-Orient et de l'engagement pris par les pays du G7 pour augmenter l'offre.

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré lundi que la décision prise la semaine dernière par les pays du G7 de libérer 100 millions de barils de produits pétroliers aurait un impact positif sur les cours du pétrole pour les États membres de l'Union européenne (UE).

Le Brent avance de 0,26% à 102,52 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 0,83% à 90,35 dollars.



ÉMERGENTS

Les marchés brésiliens sont attendus sur un rebond lundi après que le candidat de droite Flavio Bolsonaro a déjoué les sondages et viré en tête du premier tour de l'élection présidentielle de dimanche face à Lula, ont déclaré des analystes à Reuters. Le second tour est prévu le 25 octobre.


PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 5 OCTOBRE :

PAYS

GMT

INDICATEUR

PÉRIODE

CONSENSUS

PRÉCÉDENT

US

14h00

Indice ISM non-manufacturier

septembre

+55,2

+55,4


LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)