POINT MARCHÉS-L'Europe finit dans le rouge avant les résultats des élections américaines

Par Reuters News

par Claude Chendjou

- Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi et Wall Street était sur une tendance inégale à mi-parcours, le contexte étant globalement prudent avant les résultats des élections américains de mi-mandat, tandis que les interrogations sur l'intelligence artificielle (IA) et les craintes au Moyen-Orient ont fait refluer l'appétit pour le risque.

À Paris, le CAC 40 .FCHI a fini sur une perte de 0,34% à 8.020,31 points. Le Footsie britannique .FTSE a reculé de 1,14% et le Dax allemand .GDAXI a reflué de 0,31%.

L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a perdu 0,37%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 0,49% et le Stoxx 600 .STOXX 0,47%. Le principal indice paneuropéen a été affecté par les valeurs technologiques .SX8P (-0,92%), les ressources de base .SXPP (-2,21%) et l'énergie .SXEP (-0,95%).

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI recule de 0,43%, tandis que le Standard & Poor's 500 .SPX avance de 0,40% et le Nasdaq .IXIC progresse de 0,79%, malgré le repli d'Apple AAPL.O (-2,18%) à la suite de ses perspectives.

Les marchés américains sont dans le désordre avant les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis qui ont valeur de référendum pour Donald Trump et qui pourraient, en cas de vague démocrate au Congrès, limiter considérablement les marges de manoeuvre du président.

Les sondages et les analystes indépendants donnent les démocrates favoris pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants aux républicains, tandis que la situation au Sénat reste incertaine.

"Les inquiétudes concernant les dépenses publiques et les déficits n'ont cessé de s'amplifier, contribuant à la volatilité des marchés", écrivent les analystes de Société Générale dans une note.

"Toutefois, toute expansion budgétaire significative nécessiterait encore des négociations approfondies, et les démocrates étant susceptibles de prendre le contrôle de la Chambre des représentants, le contexte législatif pourrait devenir encore davantage bloqué".

Les démocrates estiment par ailleurs que Donald Trump, qui affirme de longue date et à tort que les élections américaines sont truquées, pourrait chercher à contester les résultats si les républicains venaient à perdre.

Pour les analystes, tout cela n'incite guère à une prise de risque démesurée sur les marchés et il faudra sans doute attendre mercredi pour y voir plus clair après la fermeture des bureaux de vote mardi soir, même si le dépouillement dans les Etats contestés pourrait prendre plusieurs jours.

Parallèlement au Moyen-Orient, la situation ne s'améliore pas, l'armée américaine ayant mené des frappes contre l'île iranienne de Qeshm, tandis qu'un responsable iranien a déclaré que Téhéran et Washington étaient loin d'un accord malgré les efforts qataris.


VALEURS EN EUROPE

Coface COFA.PA a cédé 0,82% après ses résultats trimestriels, tandis que Rubis RUBF.PA et BioMérieux BIOX.PA ont avancé respectivement de 1,31% et 4,81%, portés par la hausse de leur chiffre d'affaires trimestriel.

Bayer BAYGn.DE a pris 4,88% grâce au relèvement de sa prévision de bénéfice annuel et Lufthansa LHAG.DE a gagné 4,53% après des résultats jugés globalement résilients. Zalando ZALG.DE a en revanche abandonné 5,93% après une marge brute décevante et Adidas ADSGn.DE a cédé 2,29%, dégradé par UBS de "neutre" à "vendre".

Associated British Foods ABF.L, qui a dit anticiper une nouvelle baisse de son bénéfice annuel, a reculé de 2,21%.

Philips PHG.AS a grimpé de 5,51% à la faveur d'un accord avec le département américain de la Justice (DoJ) sur ses équipements de sommeil et de soins respiratoires.


LES INDICATEURS DU JOUR

Le nombre d'offres d'emploi aux Etats-Unis a augmenté plus que prévu en septembre, à 7,523 millions, contre 7,190 millions en août, selon le dernier rapport "Jolts" (Job Openings and Labor Turnover Survey) du département du Travail.

Le déficit du budget de l'Etat français s'est établi à 159,2 milliards d'euros à fin septembre, selon les données publiées par le ministère de l'Action et des Comptes publics.


CHANGES

Le dollar grappille 0,09% face à un panier de devises de référence .DXY, s'appréciant légèrement dans un contexte de forte volatilité alors que les investisseurs évaluent l'incertitude entourant un éventuel accord entre les Etats-Unis et l'Iran et l'issue des élections de mi-mandat américaines.

L'euro grignote 0,07%, à 1,1193 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3414 dollar (+0,05%).

Un responsable iranien a déclaré à Reuters que l'Iran et les Etats-Unis étaient encore loin d'un accord pour mettre fin à leur guerre, tandis que le Qatar, pays médiateur, intensifiait ses efforts pour aplanir les différends et éviter une nouvelle escalade après les "midterms" aux Etats-Unis.

Par ailleurs, Donald Trump a déclaré avoir conclu un accord avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le cadre duquel Washington cesserait de verser quatre milliards de dollars de financement à Israël après la fin de cette année.

"Le plus triste, c'est que nous recevons des messages très contradictoires (…) c'est un peu comme faire un pas en avant, puis un pas en arrière. C'est donc un peu déroutant, un peu frustrant", a résumé Juan Perez, directeur des opérations de trading chez Monex USA, estimant par ailleurs que le dollar garde un potentiel baissier en l'absence de consensus autour de la Fed.


TAUX

A la clôture des Bourses en Europe, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans ne monte plus que de 4,3 points de base, à 4,93%, après avoir fluctué en séance entre 4,89% et 4,96%, dans un contexte de baisse du pétrole, de bons indicateurs économiques et d'élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

"Les rendements des bons du Trésor sont repartis à la hausse suite à la publication de données économiques incontestablement positives. Les indices Jolts, les commandes industrielles et les biens durables témoignent tous d'une croissance résiliente malgré la faiblesse des secteurs de l'IA et de la technologie", explique Thomas Urano, codirecteur des investissements chez Sage Advisory.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini sur un gain de 1,8 point de base, à 3,31%, après être brièvement tombé en séance à 3,28%, soit un creux de deux mois, à la suite du retournement à la baisse des cours pétroliers.

Les analystes prévoient que le Bund restera soutenu par la perspective d'une victoire démocrate aux Etats-Unis, ce qui pourrait peser sur Wall Street et freiner l'appétit général pour le risque.


PÉTROLE

Les cours du pétrole sont tombés mardi à leur plus bas niveau depuis trois semaines, dans un contexte de forte volatilité, le marché mettant en balance les pourparlers visant à mettre fin aux guerres en Ukraine et en Iran et les craintes de nouvelles perturbations de l'approvisionnement liées aux récentes attaques dans ces deux conflits.

Le Brent reflue de 1,52% à 103,15 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 0,75% à 95,73 dollars .

Le Brent s'apprête ainsi à enregistrer sa clôture la plus basse depuis le 7 octobre et le WTI sa clôture la plus faible depuis le 14 octobre.


A SUIVRE MERCREDI :


LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)